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Une nouvelle expo
Depuis le 19 mai, la nouvelle exposition "Dentelles de mode, mode des dentelles" est ouverte au publ
Mardi 23 Mai 2017
 


Esprit visitandin

Cette spiritualité est avant tout salésienne, donc toute en nuance, en douceur, en humilité et en humanité. N'étant pas fondée sur des règles mais sur des comportements, elle n'est pas simple à résumer en quelques mots.

François de Sales communiqua à Jeanne de Chantal un autre principe : « Je voudrais que les filles de notre Congrégation eussent les pieds bien chaussés, mais le cœur bien déchaussé et bien nu des affections terrestres. »

Ainsi, l'objectif de vie des visitandines n'est pas tant de faire de grandes démonstrations extérieures que de vivre excellemment toutes les petites choses de la vie quotidienne...

Ce principe est au cœur de la spiritualité salésienne, comme son fondateur l'écrit à Philothée, l'âme dévote à qui il s'adresse dans son Introduction à la vie dévote.

François de Sales appelle ses filles à la sainteté non par des voies d'austérité physique ou morale, mais par l'abandon à la volonté divine. Il les invite à partager la vie cachée du Christ, vécue en communauté par l'accueil de l'autre dans la charité, la douceur et l'abandon de soi.

Pour illustrer cette vocation, les visitandines se représentent de manière allégorique comme :

  • des abeilles qui se donnent sans compter pour leur ruche,
  • des brebis soumises à leur supérieure,
  • des colombes pures qui s'élèvent vers le ciel,
  • des tournesols dont le cœur se tourne vers le soleil divin et la chaleur de son amour,
  • d'humbles violettes abandonnées à la volonté divine.

Cette nouvelle voie de sanctification, qui fut souvent et hâtivement qualifiée de « douce », permettait aux personnes de santé fragile, aux veuves et aux femmes âgées, de devenir religieuses, même si elles ne remplissaient pas les conditions habituelles pour l'accès aux ordres réformés du début du XVIIe siècle.

Et pour que toutes pussent vivre pleinement de la prière, l'évêque de Genève obtint de Rome l'usage du petit office de la Sainte Vierge, qu'elles chantent sur trois notes, par opposition au long office des clercs pratiqué alors. Enfin, pour que ses filles s'ouvrent pleinement à la volonté de Dieu, il a prévu pour elles une heure quotidienne d'oraison, c'est-à-dire de prière méditative et silencieuse dans le chœur, face au Saint-Sacrement.

Dans la journée d'une visitandine alternent ainsi les temps de prière, en particulier la messe et les offices, les temps de travail dans les emplois, et les moments de partage communautaire : repas en silence, récréation, chapitre hebdomadaire. Cette alternance apporte l'équilibre physique et mental nécessaire aux visitandines, assurant la cohésion de la communauté. Elle est vécue dans une continuelle humilité, charité, simplicité et obéissance.

Cet équilibre est visible jusque dans les créations artistiques des religieuses, marquées par l'humilité des sœurs artistes qui ne signent pas leurs œuvres. L'Abrégé de leur vie parle plus de leurs œuvres spirituelles que de leurs ouvrages artistiques.

La charité et le don de soi font de chaque création une offrande et une prière d'abandon.

Violettes aux rubans d´or.
Violettes aux rubans d´or.
Détails de la chasuble aux rubans d´or de Pistoia. Italie, fin XIX ème.
La supérieure gardienne de son troupeau
La supérieure gardienne de son troupeau
Allegorie
Allegorie