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Reportage France 3
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Mercredi 05 Juillet 2017
 


Organisation de la vie quotidienne

Les fondateurs ont voulu que l'organisation de la Visitation soit extrêmement démocratique, et ce, dès 1610. Ainsi toutes les sœurs qui ont terminé leur noviciat et ont fait profession sont membres du chapitre (sorte d'assemblée générale) qui vote l'ensemble des décisions importantes pour la communauté : admission d'une nouvelle religieuse, achat ou vente de biens...

Chaque communauté élit donc tous les trois ans (au moment de la Pentecôte) une supérieure qui la conduit dans le temporel et le spirituel. Cette élection a lieu en présence de l'évêque qui en assure le bon déroulement mais qui n'a aucun pouvoir pour imposer une supérieure à la communauté.

Il existe deux autres « charges » soumises au vote du chapitre :

  • l'assistante, qui est l'adjointe et la suppléante de la supérieure. Elle est chargée de l'office et de la bibliothèque ;
  • les conseillères, au nombre de deux ou trois, qui, avec la supérieure et son assistante, forment le conseil - en quelque sorte le gouvernement du monastère.

Le statut de la supérieure est bien loin de celui des abbesses commendataires ou des supérieures à vie, qui déplaisait tant à François de Sales. La supérieure n'est pas forcément issue de la communauté. Elle est le premier commanditaire et le premier soutien des créations artistiques de ses sœurs. L'attachement filial à la Très Honorée Mère conduit naturellement les visitandines à fêter leur supérieure, en particulier par le chant, la poésie, la composition de ravissants livrets souvenirs ornés de délicates peintures, et à conserver leur mémoire grâce à des portraits.

L'obéissance est due à la supérieure qui décide de l'emploi de chaque religieuse suivant ses aptitudes et son charisme. Chaque charge est essentielle pour l'équilibre et le bon fonctionnement de la communauté :

  • L'économe est chargée de la gestion des biens matériels : trésorerie, achats, charges, loyers et fermages quand les sœurs possèdent des terres (obligation économique sous l'Ancien Régime).
  • La maîtresse des novices a la lourde responsabilité d'éduquer les postulantes et de les faire adhérer à l'esprit de la Visitation et de la communauté. Chaque monastère a son propre esprit. Avant de prononcer ses vœux, un vote du chapitre est organisé pour que chaque sœur puisse s'exprimer sur l'aptitude de la recrue de s'unir à la communauté, évitant ainsi de mettre en danger sa cohésion.
  • La sacristaine est chargée de l'organisation matérielle des offices et des célébrations ainsi que de la conservation du patrimoine liturgique.
  • Lorsque, pour subvenir à ses besoins financiers, le monastère accueille des jeunes filles, la maîtresse du pensionnat est chargée de leur éducation et de leur encadrement. Cette charge, un peu éloignée de la vocation d'une contemplative cloîtrée, est souvent qualifiée de « difficile» par les religieuses.
  • L'archiviste est chargée de la conservation des « papiers », parfois de la gestion et de l'inventaire de la bibliothèque.
  • Suivent tous les autres emplois pour lesquels une officière est nommée : cuisine, roberie, lingerie (parfois source de revenus lorsqu'il s'agit du linge d'église, ou du monde extérieur), infirmerie, entretien des jardins potagers, des arbres fruitiers, des animaux domestique.
  • Le tour, lieu de contact avec l'extérieur, où vivent des sœurs tourières. Elles ne font pas profession et sont déchargées d'une partie des offices et des obligations communautaires, pouvant ainsi se rendre en ville pour y effectuer les achats et les formalités de la communauté.