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Histoire de la Visitation à Moulins

Moulins, ancienne capitale du duché du Bourbonnais, a le privilège d'avoir accueilli deux monastères et trois communautés de la Visitation.

Le 25 août 1616, sur la demande de Mme des Gouffiers, la Mère Jeanne-Charlotte de Bréchard, professe d'à Annecy, fonda à Moulins le troisième monastère de l'ordre de la Visitation. Ce monastère eut la chance d'avoir comme bienfaitrice Marie-Félice Orsini, petite-nièce du pape Sixte Quint, filleule de la reine Marie de Médicis, qui, devenue veuve du connétable Henri II, duc de Montmorency, se retrouva en résidence surveillée à Moulins. Elle fut l'artisane d'un mécénat important pour la cité, dont la chapelle du monastère est l'exemple.

Amie de la Visitation de Moulins, Marie-Félice Orsini désira faire profession. C'est pour cette raison que sainte Jeanne de Chantal vint à sa rencontre en décembre 1641. Âgée et fatiguée de son voyage, la fondatrice de l'ordre rendit son âme à Dieu peu de temps après son arrivée à Moulins.

L'histoire du monastère aurait pu se poursuivre jusqu'à nos jours, mais la tourmente révolutionnaire vint disperser les religieuses et leur communauté en 1792. Après la Terreur, celle-ci se reforma à La Charité-sur-Loire, à Nevers, puis en Belgique, à Mons... Elle put revenir à Nevers en 1935, où elle existe toujours, et a même accueilli celle de Poitiers en 1982. Cela explique donc que la communauté du Premier monastère de Moulins soit aujourd'hui à Nevers.

Les bâtiments, d'abord utilisés comme caserne durant la Révolution, devinrent dès 1803 le premier lycée institué par Bonaparte. Vétustes, ils furent rasés au XIXe siècle pour laisser place à l'actuel lycée Théodore-de-Banville. La chapelle échappa miraculeusement aux pillages révolutionnaires et à la réorganisation du lycée, principalement grâce au trésor architectural que constitue le mausolée du duc de Montmorency, commandé par son épouse vers 1650, et que les amateurs d'art ont su protéger au cours des siècles.

Le chœur des sœurs, devenu chapelle latérale, a conservé son plafond peint à la même époque. Restauré en 2008, il peut désormais être admiré (Office de tourisme de Moulins).

L'histoire de la Visitation à Moulins ne devait pas s'arrêter là. En effet, dès sa nomination au siège épiscopal de Moulins en 1850, Mrg Pierre de Dreux-Brézé souhaita qu'un monastère de la Visitation vînt dans son diocèse. Il avait connu cet ordre à Paris, et c'est tout naturellement le monastère de la rue Denfert-Rochereau qu'il sollicita. La démarche prit du temps, mais en janvier 1876 la Mère Izabel de Chantal de Mendoça fonda le Second monastère de Moulins.

Cette communauté eut bien des difficultés à s'implanter et à accueillir de nouveaux fidèles en nombre. Il fallut ainsi attendre 1926 pour que fût élue supérieure une sœur ayant fait profession au monastère. En effet, passé les difficultés financières des premières années, la jeune communauté dut faire face successivement aux tourmentes des mesures anticléricales du début du siècle, puis à la Première Guerre mondiale.

Le XXe siècle s'écoula plus calmement qu'il n'avait commencé. Cependant, dès 1991, le manque de recrues amena les visitandines de Moulins à décider la fermeture du monastère et à demander l'extinction de leur communauté. Toutefois l'Église refusa cette extinction : le monastère en tant que personne juridique ecclésiastique continuerait d'exister du fait du symbole fort qui eut lieu dans la ville de Moulins, le décès de leur fondatrice. Cette certitude de pérennité décida la communauté de Mâcon, fondée en juillet 1632 par la Mère Françoise-Gertrude de Pinédon, à s'implanter à Moulins en 1995. Une troisième communauté vit désormais dans la cité bourbonnaise. Elle a accueilli depuis cette date des sœurs de plusieurs monastères ayant décidé de leur fermeture.

La communauté de Moulins, très proche de notre musée, compte désormais vingt-six religieuses qui ont fait profession dans dix monastères différents, marquant ainsi l'union des sœurs voulue par saint François de Sales.

Pour plus de détails, rendez-vous sur le site de la Visitation de Moulins