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Reportage France 3
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Mercredi 05 Juillet 2017
 


Apothéose des saints de l'ordre

Dès que les procès en béatification puis en canonisation de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal établirent la sainteté des fondateurs de leur ordre, les visitandines commencèrent à préparer et à organiser des festivités.

Elles réunirent les objets leur ayant appartenu pour les disposer dans des vitrines ou des reliquaires. Chaque communauté possédait ainsi un souvenir tangible des fondateurs, lequel souvenir était placé dans l'une des pièces du monastère où la communauté se réunissait régulièrement : l'avant-chœur ou le chapitre.
En vue des célébrations, les visitandines réalisèrent ou commandèrent auprès d'artistes de renom de grands tableaux représentant la montée au ciel en apothéose des saints. Ils furent alors placés comme retable au-dessus de l'autel principal de la chapelle.

L'intérieur des édifices pouvait être le lieu de mises en scène sophistiquées, notamment par le jeu des lumières et des reflets diffractés par les centaines de bougies, les chandeliers et les bras de lumière d'argent, les vases de même métal, les plaques de vermeil et les miroirs savamment disposés, l'or et l'argent des parements d'autel, des crédences et des dais. À Montferrand, en 1667, la description de tout cet appareil est éloquente : « Sur le milieu de la Machine estait le Trône destiné au S. Sacrement, le fond était une glace de Miroir, avec sa bordure d'argent et deux Anges d'argent, qui avec des festons d'argent tournés en enroulements faisaient une espèce d'arceau sur ce miroir, pour en changer la figure. Deux autres Anges d'argent avançaient sur le devant, soutenaient une couronne de pierreries, estimées plus de cent mil écus . »

Enfin, les religieuses apportèrent tout leur savoir-faire, leur patience et leur génie au décor de leur chapelle, à la confection des ornements portés par le clergé lors des célébrations liturgiques, à l'accueil des fidèles. À l'occasion des fêtes, elles avaient à cœur de mettre en pratique des « attentions » toutes visitandines et de faire la charité. C'est le cas à Valence, en 1754 : « Nous avons traité chaque jour les Corps qui nous ont fait la grâce d'officier dans notre Église, et le matin tous ceux qui venaient dire la Messe trouvaient dans le Parloir de quoi déjeuner, outre le Café et le Chocolat. Nous donnâmes à dîner aux prisonniers et nous fîmes une aumône générale afin que chacun eût part à la joye de notre fête ; la fontaine de Vin servit sans doute à y contribuer, quelques-uns en burent un peu trop. »