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Des cérémonies fastueuses

Chaque détail étant en place, les festivités commençaient pour se dérouler généralement sur huit jours suivant un cérémonial bien établi. La célébration commençait en la cathédrale, saluée par le carillon des cloches de toute la ville. L'évêque, entouré du chapitre, bénissait l'étendard du saint. Puis un cortège était formé, précédé de l'étendard et des reliques de ce dernier, déambulant dans toutes les artères importantes de la ville pour arriver à son point culminant : la chapelle du monastère.

À l'issue de la procession, le clergé, paré avec magnificence, prenait place dans la chapelle, près de l'autel majeur resplendissant. Les vêtements liturgiques brodés d'or et d'argent étaient en harmonie avec les parements (changés chaque jour). Un trône, surmonté d'un baldaquin entouré de riches tentures, était préparé pour l'évêque. La célébration liturgique était marquée par plusieurs temps forts : l'exposition des reliques du nouveau saint, la messe pontificale, précédée de la présentation du bref du pape officialisant la canonisation.

Les ornements les plus somptueux furent fabriqués lors des cérémonies de béatification et de canonisation des trois saints de la Visitation : François de Sales en 1661 et 1665, Jeanne de Chantal en 1751 et 1767, et Marguerite-Marie Alacoque en 1864 et 1920. Dans tous les couvents de l'ordre, ces fêtes donnèrent lieu à un déploiement de fastes considérable, destinés aussi bien à honorer leurs saints qu'à édifier les fidèles. Les églises étaient alors somptueusement décorées de tentures, de sculptures, de dorures, de festons de fleurs et de superbes candélabres, et les ornements brodés, où l'éclat de l'or, de l'argent, des perles et des cabochons de pierres précieuses se mêlait au chatoiement des soies, participaient au luxe et à la magnificence. À cette occasion, des pièces d'orfèvrerie étaient également réalisées, notamment des reliquaires et des monstrances.

Au cours de la messe, des programmes musicaux et des Te Deum étaient brillamment exécutés, composés par les meilleurs artistes du moment. Les maîtrises des cathédrales, des collèges religieux, les chœurs des petits et grands séminaires prêtèrent toujours leurs concours pour les chants.

Ces fêtes faisaient l'objet de manifestations d'allégresse, de jour comme de nuit. Les autorités civiles, gouverneurs, magistrats, militaires, membres de la noblesse et tous les corps de la cité participaient aux manifestations. Très variées, ces réjouissances étaient destinées à tous. Ainsi des lanternes peintes furent placées sur les fenêtres du monastère de Saint-Flour ; ou bien à Montargis les visitandines firent dresser des feux de joie.